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 Point de non retour [ Terminé ]

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MessageSujet: Point de non retour [ Terminé ]   Jeu 18 Nov - 20:34


Sarah venait de passer trois heures en voiture et c'était un grand soulagement pour elle de se dégourdir les jambes. Elle avait passé sa matinée à préparer ses bagages, à mettre en place son séjour qui ne devait durer approximativement que quelques jours. Elle avait prit grand soin d'emporter les trois quarts de son dressing, afin d'être sûre d'avoir tout ce qui lui faudrait dans n'importe quelle situation. Avec un mal non dissimulé, elle avait chargé sa voiture de deux énormes valises et d'un sac de sport avec l'aide de son voisin. Son départ n'était pas passé inaperçu, et même une de ses amies était venue jusque chez elle pour verser quelques larmes en jurant que Sarah lui manquerait énormément. Quel cinéma ! Sarah elle-même n'était pas aussi "nunuche" et les airs théâtrales de son amie avaient vite finis par l'agacer.

Bref, elle avait prit la route sur les coups de 15 heures. La conduite s'était très bien passée jusqu'à ce que son GPS ne se mettent à dérailler complètement alors qu'elle n'était plus qu'à quelques minutes de sa destination. Se trouvant déjà dans la village où se trouvait la demeure où elle était invitée, Sarah avait fini par demander son chemin à un passant qui lui avait répondu sans cacher pour autant son air étonné. La jeune fille avait froncé les sourcils en se demandant ce qu'il avait à la dévisager ainsi mais avait finalement balayé ce détail d'un geste de la main et avait reprit le volant.

A 18 heures, elle s'était enfin retrouvée devant le portail du manoir NorthWood et était restée bouchée bée devant la beauté de la demeure, bien qu'elle fasse froid dans le dos. Une musique incroyablement belle et déchirante résonnait aux oreilles de la jeune fille qui ne pu alors s'empêcher de laisser échapper un petit rire nerveux. Les propriétaires avaient apparemment décidés de jouer la carte du manoir hanté à fond. C'était très réussi, et d'ailleurs Sarah se demandait encore qui était l'émetteur de la l'invitation qu'elle avait reçu.

La jeune femme avait finalement coupé le moteur de son véhicule, s'était emparé de son sac à main et d'une de ses grosses valises en laissant ses autres bagages dans le coffre de la voiture avant de passer le portail du manoir qui s'ouvrit dans un grincement sinistre. La jeune femme le referma soigneusement derrière elle puis s'engagea dans l'allée. Aussitôt elle fut prise d'une étrange sensation. Elle s'arrêta de marcher un instant afin de resserrer son écharpe autour de son cou tout en étant prise de gros frissons. Ça n'avait rien d'étonnant à cet époque de l'année, et il n'y avait rien d'étonnant non plus à ce qu'elle soit impressionnée et presque intimidée par l'endroit. Il faisait froid, il faisait déjà nuit, et elle avait l'impression de se trouver sur la scène de tournage d'un film d'horreur particulièrement sanglant. Qu'à cela ne tienne, le séjour n'en serait que plus excitant.

La jeune femme parvint bientôt jusqu'à quelques marches qu'elle monta non sans efforts, encombrée de sa valise, puis elle posa enfin le pied sur le seuil du manoir. Face à elle, une grande et large porte qui ne pouvait être que l'entrée.

Sarah inspira profondément, passa une main dans ses longs et si beaux cheveux afin de les ébouriffer, s'assura que ses vêtements étaient bien positionnés puis frappa avec énergie contre le bois de la porte. Elle attendit un peu moins d'une minute avant de réitérer son geste puis s'impatientant, Sarah se décida à élever la voix :

- Il y a quelqu'un ?



Dernière édition par Sarah Ravenshill le Mer 1 Déc - 17:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Ven 19 Nov - 18:56

    Les horloges sonnaient les six heures quand le majordome se décida à sortir de sa chambre. Non pas qu'il venait de se lever, de toute façon il était incapable de dormir plus de cinq heure par jour, mais il s'était réveillé avec cette étrange sentiment de tristesse. Malgré toute les années de son existence fantomatique, il y avait des jours où il supportait pas l'absence de son visage dans le miroir. Dans ces cas là le même scénario se répétait: une haine incommensurable grandit en son cœur et explosa en détruisant tout ce qui apparaissait dans son champ de vision. Ceci expliquait donc les morceaux provenant d'un vase qui trônait jadis sur la commode et maintenant éparpillé sur le sol et les fleurs écrasés sur le modeste tapis. Encore une fois il avait faillit briser ce maudit espace réfléchissant mais il s'était retenu au dernier moment. Il devait réserver son énergie pour survivre dans cette demeure sachant qu'il ne pourrait jamais terminer sa misérable existence par les moyens naturels. Il avait donc cogité toute la matinée à comment abréger ses jours, ne trouvant pourtant aucune idée nouvelle sur ces milliers de songes et avait donc abandonné lorsque son corps réapparut.

    Il descendit les escaliers en sautillant, rajustant son veston et sa cravate. Il aurait bien pu simplement traverser le sol, mais la dématérialisation lui avait toujours donné des frissons. Il se rappelle bien quand il l'avait utilisé pour la première fois, c'est d'ailleurs à ce moment là qu'il avait réalisé qu'il était mort. Il soupira, atteignant enfin le rez-de-chaussé en quelques bonds. Il salua ses collègues, écoutant les rumeurs qui couraient en passant. C'était le meilleur moyen de suivre les nouvelles de l'intérieur et de l'extérieur sans se déplacer, il était donc impossible de s'en passer à moins de vraiment avoir une obligation présente.
    Il apprit donc de la bouche de ces serviteurs qu'une nouvelle invitée devait arriver d'ici peu. Les maîtres étaient de plus en plus actifs ces dernières années, si bien que les nouveaux prisonniers n'était plus vraiment rares. Will songea à ses maîtres rancuniers, qui ne semblait jamais se fatiguer de ce jeu futile. Il ne comprenait vraiment pas cette haine puisque, dans ce monde terne, rien ne pouvait les sauver de leur destin, alors à quoi bon à rechercher des personnes à travers le monde pour assouvir une vengeance dont plus personne de vivant ne connaissait l'origine du crime. Peut-être espérait-il aussi disparaitre de cet univers où ils n'ont plus leur place, mais il en doutait sincèrement car beaucoup des leurs souriait. Il ne semblait pas avoir perdu espoir en leur deuxième vie, c'est ce qui l'avait séparer des autres en y repensant. Il n'y avait plus rien à attendre, mais alors pourquoi pleurait-il de cette solitude?
    Il s'isola du groupe pour se permettre de frapper le mur de tout ces forces, ne le faisant pas courber pour autant. Son cœur fut transpercé par des milliers d'aiguilles et le pâle homme cacha ses yeux pour ne pas montrer le liquide cristallin qui glissait sur sa joue. Il en avait vraiment assez, il aurait voulu se cogner la tête contre le mur pour finir en sang, se trancher la gorge, sauter du haut du manoir, n'importe quoi qui pourrait abréger ses souffrances. Mais il savait trop bien que rien ne pouvait le soulager, cette sinistre malédiction n'allait pas disparait en un instant.

    C'est alors qu'il entendit la porte principale tremblait, le sortant brusquement de sa torpeur. Il fixa la massive entrée sans pour autant bouger, croyant un instant que c'était une hallucination. Mais une voix féminine traversa l'édifice résonnant comme une once de clarté dans son âme empatter. Il courut et ouvrit brusquement cette mince épaisseur qui le séparait de l'extérieur. Il dévisagea la jeune femme d'un air désespéré et en sueur, conséquences de sa crise. Il plongea ses yeux dans les siens, espérant découvrir la raison de cette présence devant lui. Quand il reprit ses esprits et réalisa qu'il ne s'agissait que de la nouvelle invitée, il soupira et plissa les yeux, essuyant sa transpiration pour être présentable. Il pourrait s'estimer chanceux si elle n'avait pas eu peur de lui. Il se redressa et prit son visage froid, l'admirant cette fois avec plus de considération. Ses longs cheveux ambrés qui ondulait à la perfection le dérangeait un peu comme s'il sentait cette personnalité légère à travers son regard noisette. Mais bon, il n'était qu'un serviteur, on ne lui demandait pas de juger les gens, juste de les mener dans le piège. Il décida donc après cette petite expertise de répondre, prenant un ton un peu plus chaleureux que ce que l'on pourrait s'attendre d'un domestique qui soupire devant votre nez:


    " Vous arrivez bien tôt mademoiselle. Nous vous attendions pour vingt heure ..."

    Heureusement qu'il était en hiver, le crépuscule était déjà bien avancé, évitant leur corps spectral de ressembler à un mirage. Il devrait sérieusement songer à fermer le portail, sous peine qu'un jour un passant égaré découvre leur secret en essayant de demander chemin. Le jeune garçon s'inclina cérémonieusement, et reprit la parole afin de se présenter:

    " Je ne me suis pas encore présente, je suis William Anderson, majordome des Northwoods. Je ferai tout pour que votre séjour parmi nous soit le plus agréable possible, donc si vous désirez quelque chose, n'hésitez pas."

    Malgré ses paroles bienveillantes, on pouvait y sentir une certaine hostilité. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas s'occuper d'elle, c'était plutôt un moyen de la prévenir du danger de ce lieu, même si en réalité il ne le faisait pas consciemment. Sans attendre une réponde de la dame, il souleva sa valise avec facilité et attendit qu'on lui ordonne de rentrer. Au moins il ne pourra pas se morfondre sur son sort pour la soirée, c'était déjà un début....


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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Sam 20 Nov - 10:26


Sarah était sur le point de s'impatienter lorsque la grande porte du manoir s'ouvrit enfin... Et la jeune femme ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux ronds en voyant qui se présentait à elle. Habituée à la joie et à la convivialité dans son environnement riche, elle fut passablement déconcertée de voir un jeune homme à l'air maladif l'accueillir. Tout dans son allure laissait deviner qu'il souffrait d'un mal qu'elle ne pouvait nommer, ni même imaginer. Il était jeune, certainement de son âge, et portait un costume composé d'une chemise blanche, d'une cravate rouge accompagnées d'un pantalon noir. A s'y méprendre, on aurait dit un uniforme standard de majordome, comme on pouvait en voir dans les films des années... Et bien des années lointaines. Le garçon était grand et mince aux cheveux bruns coiffés d'une façon pas particulièrement soignée, et ses yeux noisettes laissait dégager une émotion sur laquelle Sarah n'arrivait pas à mettre le doigt. Son teint était pâle et son front était couvert d'une fine pellicule de transpiration. Le jeune homme avait vraiment l'air mal en point, et Sarah ignorait à ce moment là qu'il souffrait d'une maladie dont on ne se relevait pas. Sans être quelconque, le garçon devant elle aurait pu avoir tellement plus de charme s'il avait été souriant.

Bientôt, l'air désespéré du majordome se transforma en un air froid et Sarah commença à se dire que quelque chose clochait quelque part... Heureusement, ce dernier finit par prendre un ton un peu plus chaleureux que ce que son apparence laissait supposer et les inquiétudes de la jeune fille eurent très vite fait de se dissiper.

- Vous arrivez bien tôt mademoiselle. Nous vous attendions pour vingt heure ...

En tout premier lieu, Sarah fut surprise de l'entendre dire qu'elle était attendue pour vingt heure, et légèrement gênée en sachant qu'il n'était que dix-huit heures passées. Certainement avait-elle dû omettre ce détail dans la lettre qu'elle avait reçue, trop excitée par l'invitation qui lui avait été donnée et qui tombait à un très bon moment : En effet la jeune femme espérait quitter un peu son foyer depuis plusieurs mois déjà, voulant voir plus loin que le bout de son nez.
Dans un deuxième temps, Sarah resta perplexe. Le garçon devant elle avait son âge, elle ne pouvait pas se tromper, et pourtant il l'appelait mademoiselle et la vouvoyait. Elle n'était certainement pas habituée à ça car c'était assez peu commun à cette époque-ci. Les jeunes entre eux étaient beaucoup plus familiers, même s'ils ne se connaissaient pas. Habituée à toujours faire bonne face, Sarah balaya ce détail de la main pour prendre la parole de façon encore plus chaleureuse et surtout beaucoup plus souriante que son interlocuteur.

- Je suis vraiment désolée, j'étais tellement excitée à l'idée de venir ici que j'ai dû complètement oublier ce détail... J'espère que mon avance ne posera pas problème.

Puis le jeune homme s'inclina de façon cérémonieuse et Sarah ne put s'empêcher de froncer les sourcils avant qu'il ne se présente.

- Je ne me suis pas encore présenté, je suis William Anderson, majordome des Northwoods. Je ferai tout pour que votre séjour parmi nous soit le plus agréable possible, donc si vous désirez quelque chose, n'hésitez pas.

Un majordome. Voilà qui expliquait toutes ces manières qui avaient déconcerté Sarah. Certes, l'idée lui était passée par la tête en voyant l'uniforme du jeune homme, mais elle n'avait pas cru cela possible étant donné son jeune âge. Enfin, elle trouvait cela assez triste de commencer dans la vie active de cette façon, peut-être pensait-il la même chose et cela expliquait la pointe d'hostilité qui résonnait dans sa voix. A moins que ce n'était comme ses vieilles familles qui servaient les riches de père en fils. Puis elle passa sur l'habituel « je suis à votre service » pour s'interroger sur les propriétaires du manoir.

- Et moi je suis Sarah Ravenshill, de Londres.

Tandis que William s'emparait de sa valise -ce qui ne put s'empêcher de soulager Sarah- la jeune fille reprit la parole.

- Les Northwoods... Quand j'ai reçu leur invitation ce nom ne me disait rien et j'ai beau réfléchir, je n'arrive toujours pas à savoir de qui il s'agit... Tu as peut-être une idée de la raison pour laquelle je suis ici ?

Sarah ne pouvait s'empêcher de le tutoyer, habituée à faire de même avec les autres personnes de son âge.
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Sam 20 Nov - 18:04

    La pupille miel du jeune homme fixa la demoiselle contre son gré. son visage lui rappelait vaguement un ancien portrait qui l'avait surement du admirer à l'époque où son cœur battait toujours. A la différence de l'asiatique qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt, il ne doutait qu'elle descendait de ces rustres nobles. Un gout d'amertume apparut dans sa bouche, comme s'il se sentait coupable du sort qui attendait l'Invitée. Il n'était pas responsable pourtant de l'enfermement de ces inconnus, n'ayant pour seul lien qu'un ancêtre lointain. Au fond de lui il savait bien que c'était cette haine qui leur avait donné cette possibilité de se relever. Mais si cela était vrai alors il aurait plus déjà gouté à la délicatesse d'un repos éternelle...
    Aussi, il était vrai qu'elle était jolie, même si la glace qui lui servait d'âme n'avait que faire de ce genre de sentiments. Elle pourrait bien être l'une des plus ennuyantes de ses prisonniers. Il imagina le nombre d'ennuis qu'allait procurer le charme de la dame. Il se voyait déjà servir des coupes de poison qu'allait s'offrir les prétendants, ou encore les coups en traître qu'allait animer sa conquête. Son regard s'éclaircit désespérément sur cette pensée. Même s'il détestait le remue ménage, la partie qui espérait encore ressentait un point d'excitation devant les drames futures. Heureusement, les vivants étaient créatifs lorsqu'il s'agissaient de tuer ses semblables....

    La valise toujours à la main, il écouta la jeune fille s'excuser sur cette erreur d'horaire. Un fourmillement traversa son échine tout entière. Il n'aimait pas ce sourire, il avait l'impression qu'elle l'accusait de ne pas être plus chaleureux et plus rassurant. Il aurait bien aimer la voir à sa place, lui qui depuis deux décennies devait saluer tout les invités même les plus imbuvable. Mais peut-être était -ce simplement une preuve de gentillesse qu'il était plus paranoïaque qu'il ne le croyait.
    Elle était donc impatiente de venir en cette demeure. William ne connaissait pas les mœurs de ce siècle, il ne pouvait pas appréhender correctement les nouvelles libertés des femmes, bien qu'il en était plus ou moins conscient. Il était vrai que la gente féminine n'était plus accompagnée comme l'on faisait autrefois, du moins pour les nobles. Son origine paysanne ne l'aidait pas plus, sa mère restait toujours non loin de la maison même si elle s'occupait des champs. Mais il n'avait jamais considéré les femmes comme inférieur même si elle avait moins de droit. Il se rappelait très bien la force avec laquelle la fiancée de son frère avait calmer les chevaux sauvages en quelques coups.Ce souvenir flouté par le temps sonnait étrangement dans son esprit, comme s'il avait oublié quelque chose d'important. Ce n'était surement qu'un détail ...

    Ensuite,la jeune anglais se présenta ce qui eut pour effet de faire esquisser un instant un mince sourire mélancolique. Ah Londres, capital de l'empire britannique ! De son vivant, il avait toujours désiré la visiter après ses vingts ans. Les Northwoods avait d'ailleurs aussi souhaité ce voyage, particulièrement pour que les plus jeunes découvrent la beauté de leur royaume. Une certaine curiosité apparut, faisant apparait des traits que le majordome portaient peu, comme une flaupé d'interrogations naïves qu'il bombardait du regard. Cependant il se contient, ne laissant pas qu'une seule question de sa bouche avec un ton plus léger:


    " Vous vivez à Londres ? Je n'y suis jamais allée... pourriez-vous m'expliquer à quoi ressemble la capital quand vous aurez un peu de temps à me consacrer?"

    Bien sûr il ne s'attendait pas à une réponse, il savait trop bien son rôle. Il n'était là que pour servir et s'assurer de l'acheminement du plan. mais avoir une londonienne dans ce manoir pourrait peut-être un peu réveiller le curieux qui sommeillait en lui, même s'il n'y croyait pas vraiment.
    S'impatientant un peu, il s'avança pour enfin entrer dans le manoir. Hélas la vivant reprit la parole, lui demandant pourquoi elle a été invité dans ce lieu. En ne tenant pas compte de la question délicate, la demoiselle le tutoya ce que le rendit un peu perplexe. Il n'était pas habitué à tant de familiarité, cela devait être d'ailleurs la première fois qu'on lui parlait sur ce ton lors d'une première rencontre. Il la scuta donc d'un œil neutre, et répondant avec le plus de recul possible.

    " Vous devez surement être une connaissance de la famille et si ce n'est pas vous cela doit être vos parents qu'ils connaissent. J'ai toujours été surpris de la diversité de leur contact, mais c'est la première que j'entends une personne tutoyer un majordome...."

    Cette fois il a été un peu plus bavard. Il se doutait que la demoiselle faisait partie de ces gens qui devait aimé converser vu la facilité avec laquelle elle lui avait posé sa question et avec la rapidité où elle s'était présenté. William était du genre à s'adapter aux gens qui était devant lui tant qu'il n'avait pas à totalement joué la comédie. Dans ce cas précis, il trouvait la demoiselle un peu trop sociable, mais il préférait ce genre de personnes aux capricieuses qui ordonnait tout un tas d'ordres successifs, comme s'il les servants n'avait qu'une personne à s'occuper.
    Après donc avoir finit sa phrase, il franchit enfin l'entrée, tenant la porte afin d'inviter l'arriver à découvrir la demeure. Ce n'était pas bien sûr une faveur, il l'aurait fait pour n'importe qui tant qu'il devait la servir. Il ne voulait pas que cela dure trop longtemps, non pas qu'il détestait la jeune fille comme pouvait indiquer ses manières mécanique et froide, simplement qu'il n'aimait pas les arrivés qu'il trouvait trop chaotique dans cette morne vie. Cependant c'était peut-être ça la solution, rencontrer de nouvelles personnes qu'il pourrait le sauver, mais il chassa rapidement l'idée. Il sortit furtivement sa montrer qui montrait ineffablement vingt-deux heures. Oui, personne ne pourrait la réparer....




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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Dim 21 Nov - 18:27


- Vous vivez à Londres ? Je n'y suis jamais allée... pourriez-vous m'expliquer à quoi ressemble la capital quand vous aurez un peu de temps à me consacrer?

Le majordome reprit la parole et sa voix trahissait une certaine curiosité bien qu'il gardait une attitude assez désinvolte. Sarah fut intérieurement ravie d'avoir réveiller un intérêt chez le jeune homme et d'avoir par la même occasion cassé l'attitude froide minutieusement étudiée de son interlocuteur.

- C'est une très belle ville, c'est certain. Bien sur, je me ferais un plaisir de t'en parler à l'occasion.

- Vous devez surement être une connaissance de la famille et si ce n'est pas vous cela doit être vos parents qu'ils connaissent. J'ai toujours été surpris de la diversité de leur contact...

Sarah accepta l'explication de William, l'air pensive. Oui, après tout, c'était fort probable. Elle ne s'était jamais tellement intéressée aux gens que côtoyaient ses parents. Ils se ressemblaient tous. Tous fortunés, tous imbus d'eux même. Rien d'intéressant. A croire qu'ils avaient tous étaient confectionnés dans le même moule. La jeune femme se demanda bien pourquoi dans ce cas la lettre n'avait pas été directement adressée à ses parents mais elle ne s'attarda pas plus que ça dans ses réflexions. Il devait y avoir une explication très simple, il ne servait à rien de gâcher son plaisir en se posant mille et une questions.

- ...mais c'est la première fois que j'entends une personne tutoyer un majordome....

La jeune femme tilta sur la dernière phrase du majordome et plongea aussitôt ses yeux dans les siens. Elle ne savait pas comme prendre cette dernière réflexion. Était-ce une simple constatation ou laissait-il sous entendre que Sarah ne connaissait pas les bonnes manières ? Ou tout du moins les manières qu'il convenait d'avoir face à un majordome ? Le ton de William n'était pas du tout agressif, mais Sarah avait parfois des réactions bizarres. De manière générale, elle n'aimait pas qu'on lui fasse des remarques, mais bien souvent elle les acceptait dans le cas où elles étaient fondées. Dans ce cas-ci, elle était une invitée et était donc mal placée pour se montrer vexée, et il était vrai que, ne s'étant jamais retrouvée face à un majordome, et un majordome aussi jeune, elle avait pu sans le vouloir omettre son rang.

- Oh... Désolée... Je pensais... Enfin c'est à dire qu'en général je vouvoie les adultes...Mais si ça te dérange, je m'y efforcerai avec toi.

Enfin, William s'avança dans l'entrée et invita Sarah à pénétrer dans le manoir à sa suite tout en lui tenant la porte. Comme à son habitude et de façon très naturelle, la jeune femme lui adressa un sourire tout en passant devant lui pour s'avancer dans le hall. Aussitôt, Sarah leva les yeux vers le grand lustre en cristal accroché au plafond, impressionnée. Certes, elle était habituée à un certain luxe mais c'était la première fois qu'elle se trouvait dans un manoir, et dans un manoir décoré de manière si extravagante. Légèrement éblouie par la lumière que diffusait le lustre, la jeune femme détourna les yeux pour attirer de nouveau son attention sur William, en notant au passage le sol impeccablement lustré qui reflétait les cristaux du plafond.

Le jeune homme regarda alors sa montre dans un geste qui paraissait machinal et Sarah ne put s'empêcher de s'exclamer :

- Une montre à gousset. Mon grand-père en avait une presque identique, il en faisait collection d'ailleurs... . C'est une très belle pièce. Je peux ?

La jeune femme n'avait que de bonnes intentions en demandant à voir de plus près la montre de William. En effet, en la voyant, elle avait sentie une vague d'émotion la submerger en repensant aussitôt à son défunt grand-père, et regarder de plus près la montre à gousset du majordome réveillerait certainement en elle des souvenirs d'enfance partagé avec lui.

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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Dim 21 Nov - 21:29

    William fut profondément surpris qu'elle lui répondit sur son interrogations sur la si connue capitale. Les mœurs avait vraiment du changer depuis sa mort, maintenant on répondait aux servants ce qui était quasiment impensable à l'époque. Ces paroles avait eu effet sur lui comme un compliment, il détourna donc sa tête avec une once de joie. Malgré le peu d'information que lui avait fournit la demoiselle, il pouvait s'imaginer les ruelles étroite de la ville, ainsi que le Buckingham Palace dont il avait entendu maintes fois l'existence. Bien sûr sa vision de la cité était désuet, il ne pouvait pas appréhender les buildings et l'architecture moderne, mais c'était tout de même un exercice qui lui faisait du bien pour ce qui lui restait de passion. A cet instant son ancienne âme refit surface, faisant apparaitre un mince sourire chaleureux. Ce genre de changement de comportement arrivait rarement, elle se déroulait souvent après ses crises, preuve que ses sentiments se battaient toujours pour subsister. Ce sourire illuminait donc sa personne, peignant une scène quasiment surréaliste. D'une voix suave et méconnaissable, il s'exprima avec une humanité quasiment effrayante:

    " J'attendrai cette discussion avec impatience Sarah. Londres est la ville que j'ai toujours souhaité voir depuis ma tendre enfance, hélas ma fonction m'empêche de m'y rendre. Cependant, comme une ravissante demoiselle va me conter ce lieu cela ne sera plus un regret ...."

    Ces mots avait une intonation irréelle et trop gai pour qu'ils sortent du même majordome qui tantôt avait brisé un vase par désespoir. Malheureusement, cette ancienne facette de sa personnalité disparut et rendit la place à ce mirage d'homme. William détestait par dessus tout ces moments où il n'était plus maître de lui même. Il ne s'énervait pas pour autant, du moins tant qu'on ne lui posait pas de question sur ce changement d'attitude....

    Alors qu'il continuait à se sentir un peu coupable de ce laissez-allez, la jeune fille s'excusa de l'avoir tutoyé. Un étrange sentiment naquit dans la poitrine du jeune homme, ne serait-ce pas... un soupçon de doute ? L'entendre parler de cette façon sonnait comme un énorme mensonge. Il se doutait bien qu'elle le voulait le tutoyer, bien qu'il ne comprenne pas la raison. Ce n'était pas à elle de s'efforcer à l'appeler d'une autre manière mais à lui de s'adapter. Peut-être devait-il comprendre qu'elle n'avait jamais vécu ce genre de situation. Quoi qu'il en soit, il ne pouvait pas la laisser dans cette erreur. Il se résolut donc à contester la jeune demoiselle avec ce ton qui glaçait jusqu'au os:

    "Il n'est pas question de dérangement dans cette affaire. Je suis majordome, il est donc à moi de m'adapter. Tant que cela vous plaise je n'ai pas mon mot à dire...."

    ...Et puis cela l'entrainerait au cas où cette coutume de familiarité était commune au monde entier. Le jeune homme avait gardé cette habitude de l'époque où il respirait encore, cette habitude qui l'obligeait à se plier aux demandes, même les plus grotesques. La seule différence c'est qu'aujourd'hui il ne se vengeait plus de ces mauvais traitements qu'on pouvait lui faire subir. N'était-ce pas là la perfection que pouvait atteindre un servant, de n'être qu'une simple marionnette à souhaits ? Cette expression le répugnait toujours autant, mais il ne pouvait pas nier ce qu'il devenait. Son âme n'était qu'un champs désert où des pousses essaye de croire alors que le vent les balayent sans cesse. N'y avait vraiment plus d'espoir pour sauver ce qui lui restait de volonté ?

    Enfin, la jeune dame entra dans le hall, lui adressant un sourire qui ne le fit pas broncher. Il se mit donc à ses côtés, pour l'accompagnait dans les dédales du manoir. Elle semblait admirative devant la beauté de la demeure, plus particulièrement celle du lustre dorée qui les observait du haut de la pièce. William ne faisait plus vraiment attention à ce genre de détail, il vivait depuis trop longtemps dans ce lieu pour être impression par ce genre de futilités. Mais il se rappelait bien de la première fois qu'il était entré dans le hall, pour aller chercher son père. Il avait été bouche bée devant ces portraits et sculpture qui décorait la salle. Il n'avait d'ailleurs pas changé depuis le temps.
    Tout d'un coup il remarqua que la jeune britannique s'intéressait à cet objet si précieux ce qui fit instantanément s'exclamer. Instinctivement il fit un mouvement de recul et se mit à la défensive. Sarah commença donc à parler de la ressemblance troublante avec celle que possédait son grand-père et voulait la voir de plus près. La prêter ne serait-ce qu'un instant était inconcevable, il ne pouvait pas abandonné son horloge à cette étrangère, il ne la passerait même pas aux maîtres si on lui demandait. Il y cachait quelque chose, quelque chose que personne ne devait voir. Il s'empressa de répondre avec emportement et colère:

    " Il n'en est pas question! Un femme comme vous ne peut...."

    Tout d'un coup il s'arrêta dans son élan, comme troublé par ce qu'il venait de dire. Il avait oublié que cette femme ignorait ce qui le maudissait et tout la souffrance qu'avait pu engendrer cette punition divine. Il rangea donc l'objet et reprit une attitude noble. Oui, il ne devait pas oublié qu'elle était vivante et que ne subissait pas les démons de son passé à chaque son d'aiguille. Il s'excusa donc avec un certain remord.

    " Veuillez m'excuser pour mon comportement. Cet objet est ce que j'ai de plus précieux en ce triste monde, je ne peux pas vous le cédez aussi facilement. Je ne connais pas la vrai valeur de cette antiquité, mais ce n'est pas ça l'important, c'est le souvenir avec lequel on le lie, n'est-ce pas? "

    Sa voix était devenue calme et posé, comme si l'épisode de colère n'avait jamais existé. Elle avait touché un point sensible, il devait donc se méfier de cette jeune femme. Il pourrait trop en dire s'il ne se contrôlait pas .... William détourna le regard faisant mine de regarder par la fenêtre. Une erreur suffisait pour que ce monde d'illusion s'écroule pour la demoiselle, et il ne voulait pas être coupable de cela.....


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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Lun 22 Nov - 18:45


Lorsque Sarah affirma à William qu'elle trouverait du temps pour lui parler de la capitale, elle fut très étonnée de voir le visage de son interlocuteur s'illuminer par un sourire chaleureux et sincère. Tout comme elle l'avait deviné quand il lui avait ouvert la porte, le majordome dégageait beaucoup plus de charme lorsqu'il se montrait sociable.

- J'attendrai cette discussion avec impatience Sarah. Londres est la ville que j'ai toujours souhaité voir depuis ma tendre enfance, hélas ma fonction m'empêche de m'y rendre. Cependant, comme une ravissante demoiselle va me conter ce lieu cela ne sera plus un regret ...

La jeune femme fut de nouveau surprise d'entendre William parler aussi longtemps et de façon si enjouée, lui qui s'était contenté des phrases les plus succinctes possible depuis leur rencontre, quelques minutes plus tôt. Et puis surtout, les joues de Sarah se mirent à rosir de plaisir sous le compliment du majordome. Un compliment très bien amené, très bien choisi. Bien sûr la jeune femme était habituée à ce qu'on lui dise combien elle était attrayante. Les gens n'y allaient pas de main morte. Ils espéraient la flatter pour profiter de ses biens une fois entrés dans son cercle, mais ça ne marchait que rarement en réalité. Ici, William se montrait spontané et parlait gaiement et naturellement. Pour Sarah, cela faisait vraiment plaisir à voir, alors qu'ils ne se connaissaient même pas. La jeune femme ne lui répondit pas, ne sachant quoi dire, et se contenta de hocher la tête avec un éternel sourire sur les lèvres. Un léger laps de temps s'écoula avant que William réagissent à la remarque de Sarah concernant la façon qu'elle avait de le tutoyer :

- Il n'est pas question de dérangement dans cette affaire. Je suis majordome, il est donc à moi de m'adapter. Tant que cela vous plais je n'ai pas mon mot à dire...

Sarah resta un long moment pétrifiée devant William, tout en perdant son sourire. On aurait dit qu'une autre personne s'était emparée du corps du majordome et qu'elle le rendait tout à coup plus fermé et beaucoup plus froid. Passé le choc du changement éloquent du comportement de William, la jeune femme s'interrogea sur la réponse que son interlocuteur lui avait fourni. Elle ne pensait vraiment pas qu'encore aujourd'hui des majordomes s'abaissaient à accepter n'importe quel caprice, aussi ridicule soit-il, de leur maître ou de l'invité dont il avait la charge. C'était quand même incroyable. Peut-être son jeune âge lui donnait-il l'impression de devoir tout faire un peu trop bien... Sarah n'en revenait pas, et surtout elle ne cautionnait pas. Peut-être que d'autres abrutis auraient aimés, se seraient senti valorisés, mais ceux-là n'auraient été que des cons. C'est pourquoi la jeune femme, malgré elle, laissa échapper quelques mots à peine audible.

- Qu'est-ce que c'est que ce délire...

Et alors attention. Elle qui avait été passablement perturbée par le changement d'attitude du jeune homme n'était pas au bout de ses peines. Alors qu'elle demandait poliment au majordome de voir un peu plus près sa montre à gousset, ce dernier éclata littéralement de colère, au point que la jeune femme se demanda familièrement s'il n'allait pas la bouffer.

- Il n'en est pas question! Un femme comme vous ne peut....

En plus de sursauter, Sarah eut un mouvement de recul. Elle s'attendait à tout sauf à ce genre de réaction, à un tel éclat de rage. Puis William sembla se couper dans son élan et rangea sa montre à l'abri du regard de la jeune femme. Qu'est-ce qu'il avait voulu dire par « une femme comme elle », et puis, une femme ? Un autre garçon de son âge n'aurait sûrement pas utilisé ce terme. William était vraiment décalé, à croire qu'il venait d'une autre époque. L'espace d'un instant, l'idée que tout ça n'était qu'une mise en scène destinée à effrayer les nouveaux arrivant traversa son esprit. Pourtant ça paraissait gros... Ou alors le majordome était un très bon comédien. En attendant, Sarah avait beaucoup de mal à se calmer et sa respiration s'était accélérée. Pour la même raison, elle sentait le sang battre à ses tempes. Déconcertée et toujours méfiante, la jeune fille se tordit les mains tout en écoutant les excuses stupéfiantes d'un majordome qui avait reprit un ton sans aucune aggressivité et une attitude noble.

- Veuillez m'excuser pour mon comportement. Cet objet est ce que j'ai de plus précieux en ce triste monde, je ne peux pas vous le céder aussi facilement. Je ne connais pas la vrai valeur de cette antiquité, mais ce n'est pas ça l'important, c'est le souvenir avec lequel on le lie, n'est-ce pas?

- Oui... Je suppose que oui...

Le ton de Sarah était dégagé, pourtant elle n'en menait pas large. La situation lui semblait vraiment irréaliste. Elle espérait que son séjour se déroulerait mieux que son accueil. William avait l'air perturbé, mais la jeune femme ne savait pas pourquoi ni à quel point. Sans vraiment savoir pourquoi, elle avait l'impression que ça n'était pas de sa faute. Elle avait l'impression que les fautifs étaient les propriétaires du manoir, qui avaient peut-être trop chamboulés l'esprit de William en lui imposant une façon d'être et de se tenir, du fait de son rang de majordome.

En tout cas, elle venait de prendre une douche froide. Tout en essayant de garder son air dégagé, elle reprit la parole, bien que très peu sûre d'elle. Après tout, Sarah restait frêle, et comme à son habitude, elle tempérait la situation au mieux afin d'éviter une confrontation.

- Bien... Vous devriez me montrer où je peux installer mes affaires et j'aimerai ensuite rencontrer mes hôtes.

Sarah l'avait vouvoyé, ça ne passait pas inaperçu. Pour la simple et bonne raison qu'elle avait maintenant l'impression de garder un certain écart entre eux. Vouvoyer William le rendait tout de suite beaucoup moins accessible. A vrai dire, le jeune homme avait un peu effrayé Sarah, et elle avait beau essayé de le dissimuler, pour quelqu'un comme Will, c'était facilement repérable.
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Lun 22 Nov - 22:14

    L'esprit de William n'avait jamais été très "normal", il n'avait jamais vraiment trainer avec les jeunes de son âge de son vivant, pourtant jamais il n'avait été aussi bipolaire que ces dernières années. Il se sentait sur le fil d'un funambule, essayant de se laisser tomber alors que son instinct de survie le sauvait à son plus grand malheur. Voici ce qui faisait la faillibilité de l'humain, cette tendance à toujours espérer quelques choses même dans le plus sombre des mondes. C'est pour cela qu'il l'avait bien vu, cette surprise. Il avait toujours du mal à comprendre que ces moments d'égarement plaisaient souvent à ses interlocuteurs, si bien que la plupart du temps il se demandait s'ils n'étaient pas fous. Mais cette fois c'était différent, cette voix qu'il n'avait jamais réussi à décoder depuis tant de décennie avait miraculeusement réussi à percer, comme si le sourire de la demoiselle était le chainon manquant à ces longues années de souffrances. Peut-être que cette souffrance était du à un regret sans nom, lié à cette période joyeuse d'avant sa mort. Bien sûr son raisonnement était faussé, son désir de mourir camouflait toute son espérance en une immortalité agréable.
    Cette pour cela qu'il fut interloqué lorsque Sarah perdit sa bonne humeur après qu'il eut argumenter pour l'histoire de tutoiement. Cette fois il n'avait rien fait de travers, jamais auparavant quelqu'un n'avait été si troublé par une de ses phrases. Les mœurs avaient-il vraiment autant changer? Ne recherchait-on pas dans le majordome l'esclave comme à son époque? Tant de questions trottait dans sa tête, mais aucune réponse ne semblait le satisfaire. C'était un autre monde pour lui, qui résultait surement de son manque d'adaptation. Son professionnalisme se sentait un peu offensé mais ce n'était pas le plus grave. Ce qui l'avait plus marqué, c'était ses mot à demi-dit, raisonnant pourtant si fort dans ce manoir vide. Un délire ? Ce n'était pas le mot qu'il aurait utilisé, un cauchemar aurait été plus judicieux, du moins c'est comme ça qui le ressentait. Se lever le matin, déambuler dans les couloirs de ce lieu, s'endormir en ayant ce futile espoir que ce soit le dernier, oui ce lieu était vraiment cruelle. Le jeune homme pensait quelque fois que ce n'était pas les invités qui étaient enfermé mais plutôt eux , ces êtres fantomatiques, qui était prisonniers de ce misérable endroit. William ne voyait pas que cette sentence était à décrire son comportement imprévisible. Sa mélancolie l'aveuglait, oubliant trop souvent que tout le monde ne connaissait pas son secret lors de ces réflexions léthargiques.

    Mais le plus troublant restait à venir. William n'ignorait pas que sa colère allait avoir un effet négatif sur l'Invitée, mais il n'avait pas pensé à ce point. Tout d'abord elle avait aussi eut un mouvement de recul, quoi de plus normal lorsqu'on se faisait traiter de la sorte, puis ce regard vitreux et effrayé était apparut et n'avait pas disparu même après ses excuses. Elle avait même décider de le vouvoyer, surement pour rajouter une certaine distance, comme il l'avait fait tant de fois. Les yeux du jeune homme se remplirent d'un culpabilité sans nom qui le rongeait intérieurement. Même s'il était malade de cette éternité à ne plus ressembler à un humain, il ne pouvait décidément supporter ces regards d'effroi. Il revoyait les flammes ardentes avalaient peu à peu la pièce, les cris d'épouvantes et de détresses qui amplifiaient les piétinements désespérés de ces hommes et de ces femmes qui cherchaient en vain une issue. Ces images submergeait ses rétines, si bien qu'il se sentit au plus mal. Il se tint la tête, essayant de calmer ses horribles souvenirs, regardant de nouveau la jeune femme avec un regard fragile, comme s'il allait se briser si on rajoutait quoique ce soit. En réalité, cette le fossé qu'elle avait creusé qui le faisait le plus souffrir, c'est comme si on lui rappelait d'un coup de massue son état de mort-vivant. Il devait lui dire quelque chose, n'importe quoi tant que cela lui rendent le sourire, ou au moins qu'elle n'ait plus peur de lui. Il ouvrit la bouche, articulant doucement:


    " Je...."

    Mais rien de plus ne voulait sortir. Pourtant il y avait tant de choses à dire: qu'il ne voulait pas la voir ainsi, qu'il préférait largement un sourire factice qu'à cette austérité nouvelle, même qu'il appréciait qu'on le tutoie et que pour une fois on lui permettait d'être comme un vivant même si c'était un mensonge. Mais cela sonnait faux, comme si ce n'était pas lui qu'il voulait le dire, mais plutôt à cette conscience pas tout à fait morte. Quelle étrange sensation de ne pas pouvoir s'exprimer. Son regard s'était adoucie, même si le fait d'être bloqué à la même syllabe avait quelque chose de déroutant. S'il en avait la possibilité, il serait redevenu cet homme si chaleureux qu'il avait été jadis pour rassurer la jolie britannique. Hélas il n'avait pas la force d'être joyeux, même pas assez pour sortir des mots qui réchauffe le cœur. Tout ce qu'il pouvait faire c'était passer toutes ces paroles par le biais d'un maigre regard. Il ne savait pas si Sarah capterait quelque chose, mais c'était mieux que rien. Il passa sa main dans ses cheveux et soupira de sa propre lâcheté. La prochaine fois il arriverait à exprimer ce qu'il ressentait. Peut-être que consulter Angélique serait une solution, mais il aurait trop peur des conséquences que cela pourrait engendrer. Elle être encore plus collante qu'elle ne l'était déjà, ce qui était difficile à imaginer. De plus il était certain qu'elle ne goberait pas le "devenir plus humain pour mieux servir" même si c'est ce qu'il pensait réellement. Donc au lieu de continuer sur la lancée, il changea de sujet et d'un ton sobre il répondit:

    " Bien sûr, je vais vous montrez votre chambre et où vous pourrez rencontrer mes maîtres. Je vous conseillerez cependant de ne pas vous dirigez vers l'arrière du manoir qui n'a pas été encore restauré..."

    Il préférait mieux prévenir que guérir les éventuelles accidents qu'engendrait cette endroit. En tant que fantôme, il n'avait vraiment rien à craindre de ce lieu, mais pour les vivants, il y avait toujours un risque qu'une planche incendiée tombe ou que le planché cède sous leurs pieds. C'était ça l'avantage d'être un fantôme: pouvoir se balader dans les lieux les plus improbable et dangereux en toute commodité.
    D'un pas lent et étrangement rythmé, il devança l'anglais et ajouta avec un ton naturel:


    " Si vous voulez bien me suivre mademoiselle...."


    On pouvait sentir que cette fois aucune pression ne voulait refroidir son ton, comme si l'épisode de folie et de colère n'était qu'un lointain souvenir.Il commença donc à avancer, s'arrêtant que trois pas pour s'assurer qu'elle allait le suivre. Il était tout à fait possible que la jeune fille reste toujours aussi terrifiée, mais si c'était le cas il essayerait de régler ce conflit.Cela ne lui plaisait pas qu'il soit vu comme un monstre déséquilibré, même si ce n'était pas loin de la vérité. Mais il arriverait à régler la situation, après tout il avait tout son temps devant lui ...


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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Lun 22 Nov - 23:28


- Je...

Rien de plus ne sortit de la bouche de William, pourtant Sarah l'avait observé pendant les quelques minutes où rien ne s'était passé et elle avait la certitude que si Will avait eut le caractère de la jeune femme, un flot de paroles se serrait déversé de ses lèvres. Au lieu de ça, ces dernières semblaient scellées mais il n'avait pas besoin de parler. La britannique était assez attentive pour comprendre. Pendant un assez long moment, le majordome avait-eu l'air perdu dans ses pensées, et l'expression de son visage reflétait bien la nature de celles-ci : il souffrait. Mais encore une fois, Sarah ne savait pas de quel mal, et cette interrogation commençait furieusement à la déranger.

La jeune femme voyait bien que le fond de cette personne qui lui était pourtant tout à fait étrangère était bon. Elle avait l'intuition qu'il avait un mal fou à contrôler ses émotions, comme s'il ressentait tellement de chose à la fois qu'il lui était impossible de maîtriser ses sentiments. Les traits de son visage, son attitude, tout le trahissait... Et Sarah su aussitôt qu'il regrettait son agressivité. Comment réussissait-elle à en savoir autant ? En dépit du fait qu'elle était naturellement observatrice (détail important dans l'art de la manipulation), William était un vrai livre ouvert. Peut-être pensait-il pouvoir cacher cela en se montrant froid et distingué, comme au moment où il avait ouvert la porte du manoir pour découvrir Sarah, mais quelque chose venait de se fissurer.

Le majordome porta ses mains à sa tête, et la jeune femme se demanda s'il n'allait pas s'arracher les cheveux. Tout ses agissements n'étaient pas normaux, ce garçon n'était pas normal, ce qu'il vivait n'était pas normal. Sarah sentit que sa garde baissait tout doucement. Elle n'était pas vraiment attendrie parce qu'elle avait toujours une certaine méfiance, mais elle aurait voulue pouvoir faire quelque chose pour lui. Ce qu'elle ressentait n'avait rien avoir avec la pitié. Elle voyait William comme un égal, mais un égal qui n'avait certainement pas eu de chance dans la vie... Ni même dans la mort d'ailleurs. La jeune femme aurait voulu pouvoir le soulager d'un poids. Mais ils ne se connaissaient pas. Et les étrangers ne se montrent pas de signe d'affection. Sarah, elle, était réellement affectée...

Alors que la jeune femme scrutait le majordome sans oser porter un geste qu'elle aurait voulu rassurant vers lui, ce dernier sembla reprendre ses esprits et se redressa. Il reprit la parole d'un ton sobre et Sarah ne put s'empêcher d'être surprise et déconcertée, encore une fois, de la facilité avec laquelle William balayait les évènements qui se produisaient.

- Bien sûr, je vais vous montrez votre chambre et où vous pourrez rencontrer mes maîtres. Je vous conseillerez cependant de ne pas vous dirigez vers l'arrière du manoir qui n'a pas été encore restauré...

Et voilà... Le jeune homme blessé et en colère avait de nouveau disparu et c'était à présent le majordome obéissant qui reprenait le dessus. Sarah avait l'impression d'être une girouette, secouée en tout sens selon le bon vouloir du vent. Pour aller de paire avec son interlocuteur, elle lui répondit d'un ton aussi sobre que le sien :

- Très bien... Le manoir a subit des dégâts récemment ?

Sarah posait des questions, encore. Elle était curieuse, bien sûr, mais tenait surtout à faire la conversation afin de dissiper le malaise qui planait encore autour d'eux... S'il comptait se dissiper un jour du moins. Elle semblait croire que William se sentirait mieux si la conversation devenait banale, et si elle s'efforçait de s'adresser à lui comme à un majordome, ainsi retrouverait-il mieux ses repères.

D'un pas lent, le jeune homme passa devant Sarah et lui demanda de le suivre tout en s'avançant dans le hall. Au bout de quelques pas, il fit un léger demi-tour pour s'assurer que la britannique le suivait bien et cette dernière le suivait en effet, bien qu'elle ne garde une distance de sécurité entre eux. Un mot un peu fort que « sécurité », mais Sarah savait par expérience qu'il ne fallait pas envahir l'espace de quelqu'un qui ne se portait pas bien. Et elle ne tenait pas non plus à subir de nouveau la colère du majordome.

- Au fait... J'ai garé ma voiture devant le portail, j'espère que ce n'est pas gênant ? Je peux aller la déplacer s'il le faut... D'ailleurs j'ai encore plusieurs valises à sortir du coffre. Je ne savais pas vraiment comment je devais m'organiser...

Une conversation normale, voilà ce dont ils avaient besoin tous les deux. Si Sarah avait su combien ses inquiétudes étaient devenues futiles au moment même où elle avait passé le portail du manoir...
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Mar 23 Nov - 21:50

    Le jeune homme avança prudemment dans le complexe qu'était le manoir , décidant tout de changer de main la valise de la demoiselle , faisant attention de ne pas l'abimer. Ce n'était pas pourtant qu'il avait mal, la douleur physique n'était plus vraiment un problème, mais les manies ne disparaissaient pas pour autant. Il se retourna de nouveau, cette fois attendant que la jeune dame arrive à son niveau pour cette fois reprendre la marche à ses côtés. Il se sentait beaucoup mieux, il ne se laisserait plus s'emporter maintenant. Il avait bien réfléchit à tout ce qu'il avait ressentit depuis qu'il avait rencontré la britannique. Enfin c'était plus sa situation qui l'avait plus ou moins déroutée en quelque sorte. De cette réflexion résulta deux constatations flagrantes. Dans un premier temps, il s'était peut-être trompé sur la nature de son austérité. Il s'en doutait depuis un certain moment, mais il n'avait jamais vraiment pu mettre le doit dessus, comme un fruit que l'on ne peut pas atteindre. La deuxième conclusion, et la plus déroutante, c'était qu'il avait encore besoin de relations humaines, sinon il se serait déjà brisé en milles morceau. Cela changeait totalement sa vision qu'il avait de ses rencontres avec les invités et les discussions insipides avec ses collègues. Ce qu'il croyait inutile devenait tout d'un coup indispensable et ce qu'il considéré comme agaçant devenait presque vivable. Mais il resterait tout de même associable, même si le besoin de vivre en communauté était devenue une évidence, il n'avait aucune envie de se forcer. Tant qu'il ne ferait plus peur à personne cela lui suffisait amplement....

    Ils continuèrent leur périple lorsque Sarah posa la question que redoutait William. En même temps, c'était lui qu'il avait emmené le sujet sur cette piste, il ne pouvait donc s'en prendre qu'à lui même. Il tourna sa tête vers la vivante et la pencha un petit peu. Il allait devoir construire un mensonge qui tienne la route... Le majordome n'aimait pas mentir, il préférait omettre des informations clés, ce qui pesait beaucoup moins lourd sur sa conscience. Mais il ne savait pas si cela serait suffisant à étancher la soif de la nouvelle arrivante. Il plissa lentement les yeux et répondit avec gravité:


    " C'est ainsi depuis des années. Monsieur prétend que le crépitement de cette partie a une signification particulière, mais beaucoup croient que c'est plutôt que c'est une fixation de sa part. Je vous conseillerez cependant de ne pas trop questionner à ce sujet, certaines personnes pourraient réagir excessivement..."

    Il se retint de citer son propre comportement mais cela était encore trop frais dans leur esprit pour pouvoir en discuter pleinement. Son ton était aussi devenu un peu agressif ce qu'il avait cité le chef de la famille, mais il ne voulait pas cacher son dégout profond de sa personne même devant les invités. Il était vrai que le sort de la salle de bal était polémique. Beaucoup des fantômes voulaient voir la pièce réduite à néant pour exorciser cette funeste soirée, mais certains désirait simplement la réparer, même cela devait prendre beaucoup de temps, pour simplement tourner la page. Il restait une petite poignée d'individus qui était contre tout changement, la laissant comme lieu de réunion pour les ectoplasmes en cas de situation d'urgence. Pour sa part, William se fichait éperdument de ce lieu, même si une bonne partie de ses mauvais souvenirs y résidait. Mais laisser un endroit aussi insalubre et aussi dangereux le gênait, il suffisait qu'un vivant soit trop curieux et il pourrait se blesser malencontreusement. La sécurité et le confort des hôtes et de leurs "amis" étaient presque les fondements de son métier, il était donc normal qui se souciait de ces détails. Il espérait néanmoins que cette réponse suffirait car plus on lui demanderai des précisions plus il avait de chance d'avouer le terrible secret qui hantait ses lieux...

    Il observa de nouveau la demoiselle et essaya cette fois de déceler quelques aspects qu'il aurait oublié de remarquer. Même si cela peut-être un peu étrange, le majordome avait un côté assez perfectionniste lorsqu'il s'agissait de connaitre les goûts d'autrui, par contre il détestait que l'on s'intéresse à sa personne. On lui avait toujours dit que c'était dû à sa fonction et à force il finissait pas le croire. L'intéressement réel et profond n'avait jamais était son fort, il s'était toujours débrouillé à savoir ce qu'il importait, ne cherchant pas plus loin. Il d'ailleurs complétement oublier de s'attarder sur les vêtements de la britannique, ce qui était pourtant révélateur de la personnalité. William ne connaissait rien de la mode moderne, mais il avait le don d'évaluer la valeur des objets en se basant sur les journaux qu'il emprunter quelques fois dans le village. Il devina rapidement que ces étoffes n'appartenait pas à la classe défavorisée, du moi d'après ces souvenirs d'un magazine ennuyant à mourir mais qui avait pour avantage d'appartenir à ce siècle. Mais une question trottait dans sa tête, pourquoi ne voyait-il jamais de serviteurs accompagner les gens aisée lorsqu'il venait dans cette adorable cage? Peut-être que l'acquisition de personnel appartenait seulement au personne extrêmement riche et qu'après tout toutes les personnes qu'il avait rencontrées jusque là n'était pas si riche que ça. Il était vraiment difficile de raisonner quand on n'a pas les mœurs de ce nouveau siècle....

    C'est alors que Sarah interrompit ses pensées en lui demandant l'avenir de son moyen de locomotion. Le visage du jeune homme devint tout d'un coup soucieux, comme s'il on lui parlait une autre langue. Le terme voiture avait toujours était difficile à visualiser pour ce servant du XIXème siècle. Ce véhicule était pour lui encore qu'un concept ou plutôt un prototype des transports du future. On lui avait plus ou moins expliqué qu'il s'agissait de calèche sans chevaux et qui ne fonctionnait pas avec du charbon mais avec un dérivé du pétrole. Il ignorait complétement à quoi cela pouvait ressembler, mais cela n'était que futilité. Par contre il se demandait pourquoi il n'avait pas vu de chauffeur, ce qui semblait grotesque lorsqu'on savait que même la classe moyenne possédait ces bijoux technologique. Décidément beaucoup de choses l'échappait. Après ce décryptage sommaire,William prit son souffle et répondit du mieux qu'il put:


    "En ce qui concerne vos bagages je veillerai personnellement à ce qu'ils soient acheminés dans de bonnes conditions. Pour votre... "voiture", notre chauffeur s'en occupera...."

    Il espérait que sa réponse était cohérente mais pour la prochaine fois il se documentera plus sur le sujet. D'ailleurs il ignorait si ce feignant de cocher y connaissait quelque chose. De tout façon l'objet n'allait plus servir, donc au pire il n'aurait qu'à s'en débarrasser. Mais il était vrai que gâcher une invention venant d'une autre époque était contre ses principes, mais il ne voyait pas d'autre solution...

    William s'arrêta brusquement devant une porte sculpté avec dextérité et précision. Il était enfin arrivé à destination, bien trop rapidement à son goût. Il aurait voulu avoir le temps de se racheter, mais les distances devenait toujours plus courte quand on avait quelque chose d'important à régler. Il fixa intensément l'entrée puis la demoiselle, hésitant à dire quelque chose ou simplement qu'elle découvre par elle-même. Après quelques instant il posa la valise sur le tapis pourpre et s'exprima avec clarté:

    " Voici votre chambre. Si vous désirez rencontrer les hôtes de ces lieux, dirigez-vous à droite et vous verrez la porte doré de Monsieur Ronald. Si vous avez d'autres question n'hésitez pas je me ferais un plaisir d'y répondre."

    Cette fois sa voix était imprégné de franchise, bien que ce "plaisir" ne faisait référence qu'au désir de bien faire son travail. Peut-être que la vérité était le meilleur moyen de se faire pardonner, même si cela était impossible dans l'état actuelle des choses. S'il avait été plus humain, peut-être aurait-il pu trouver un sujet de conversation ou même simplement une remarque divertissante à faire, mais c'était encore trop difficile pour l'homme brisé qu'il était. Mais un jour il en sera capable, il en était certain....




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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Mer 24 Nov - 14:11


Le couple continua de s'avancer dans le manoir après avoir monté les escaliers du hall couverts d'un somptueux tapis rouge. Sarah ne pouvait s'empêcher de laisser trainer son regard à droite et à gauche, prenant note des directions qu'ils prenaient et de la décoration qui l'entourait. La jeune femme se serait crue au dix-neuvième siècle, ne manquait plus que les magnifiques robes de l'époque. D'ailleurs l'uniforme de majordome de William concordait parfaitement avec l'environnement.

- C'est ainsi depuis des années. Monsieur prétend que le crépitement de cette partie a une signification particulière, mais beaucoup croient que c'est plutôt que c'est une fixation de sa part. Je vous conseillerez cependant de ne pas trop questionner à ce sujet, certaines personnes pourraient réagir excessivement..

Sarah fronça les sourcils. Malgré qu'elle eut bien écouter les explications du jeune homme, elle avait un peu de mal à les comprendre. On aurait dit que William évitait de fournir une réponse claire et précise et qu'il tournait plutôt autour du pot. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi il ne fallait pas questionner les hôtes et le personnel du manoir à ce propos, elle ne voyait pas en quoi cela pouvait-être tabou. Mais après tout... Peut-être que les Northwoods préféraient garder quelques mystères pour tenir les invités en haleine. Il était clair qu'il y avait énormément de choses à découvrir en ces lieux et y ajouter quelques mystères ne pouvait que mieux cultiver la curiosité des arrivants.

La jeune femme nota également le changement de ton de William lorsqu'il fit allusion à son maître. De toute évidence, ce dernier n'était pas très apprécié et Sarah vit son hypothèse se confirmer : Les Northwoods devaient certainement abuser un peu trop de leur pouvoir et imposer un règlement et une tenue strict à leur majordome.

- Oh... Je vois.

Bien sûr elle ne voyait pas grand chose en réalité.

- Et qu'est-ce qui s'est passé au juste ? Je suppose qu'un des toit s'est effondré ? C'est ce qui arrive souvent dans les vieilles demeures...

Tandis que Sarah suivait toujours William, elle surprit ce dernier à la regarder plus attentivement. Il s'attarda sur les vêtements qu'elle portait et aussitôt la jeune femme prit soin de se redresser afin de se tenir droite. Dans un soucis d'apparence, elle prit également soin de passer une main dans ses longs cheveux ondulés pour les ébouriffer. Et oui, Sarah avait toujours fait attention aux regards des autres sur elle, et tentait toujours de plaire au maximum.

- En ce qui concerne vos bagages je veillerai personnellement à ce qu'ils soient acheminés dans de bonnes conditions. Pour votre... "voiture", notre chauffeur s'en occupera....

Heureusement pour le majordome, sa réponse satisfit tout à fait la jeune femme qui acquiesça d'un air entendu. D'ailleurs elle était soulagée de ne pas avoir à retourner dans le froid hivernal au dehors. En plus de ça, il lui semblait bien avoir entendu les hurlements de loups aux alentours à son arrivée. Enfin rien de très rassurant. En même temps, elle ne notait pas ce détail comme anormal puisque le manoir se trouvait au beau milieu d'une vaste forêt.

Enfin, William s'arrêta devant une très belle porte en bois sculptée. Le majordome fixa intensément Sarah qui ne put rien faire d'autre que de soutenir son regard avant de prendre la parole :

- Voici votre chambre. Si vous désirez rencontrer les hôtes de ces lieux, dirigez-vous à droite et vous verrez la porte doré de Monsieur Ronald. Si vous avez d'autres question n'hésitez pas je me ferais un plaisir d'y répondre.

- Monsieur Ronald... Très bien...

Sarah aurait pu pénétrer dans sa nouvelle chambre et refermer la porte derrière elle après avoir remercié le majordome, mais quelque chose l'en empêcha. Elle aurait très bien pu continuer à faire la conversation, mais rien ne lui venait non plus à l'esprit. Au lieu de cela, un silence gêné s'installa entre eux, ou peut-être était-ce seulement Sarah qui était gênée. Bizarrement, elle avait l'impression qu'il serait impoli vis à vis de William de couper court à leur rencontre de la sorte. Elle avait aussi l'impression d'avoir encore beaucoup de choses à apprendre. Ou plutôt que William avait encore beaucoup de choses à lui dire.
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Jeu 25 Nov - 22:25

    Hélas pour le jeune majordome, son explication n'avait pas su étancher la soif de la jeune dame, si bien qu'il se retrouvait dans une situation plutôt délicate. Le mensonge était impensable, déjà William n'avait jamais été vraiment doué dans la matière et puis il suffirait qu'elle demande à un autre habitant des lieux pour que tout sa jolie mascarade tombe en miettes. S'il détourner la question, un être qui aurait un minimum d'intelligence aurait deviné l'importance de ce lieu et aurait donc commencer à douter sérieusement des ectoplasmes. Le jeune garçon continuait de la fixer avec un peu de gêne. De toute façon il ne se voyait pas détourner la vérité devant elle. Ce regard d'effroi l'avait profondément bouleversé au point qu'il ne voulait pas qu'elle le déteste, même si cela voulait dire un peu transiger les règles tant que cela ne nuisait pas à la sécurité de ses confrères. Il aurait donc à faire ce qu'il faisait de mieux: se concentrer sur le principale et omettre les détails trop ambiguës. Il l'avait maintes fois raconté l'histoire de leur mort pendant ces deux décennies, changeant quelques détails et passage à narrer. Au fil des ans, ce petit conte était devenue quasiment la version officiel de la décrépitude de l'arrière par sa simplicité et ressemblance avec les faits qui ce sont produits en ces lieux. Le brun ouvrit donc la bouche et conta avec un ton sérieux, peut-être trop d'ailleurs.

    " Une histoire court sur les raisons de cette destruction. On raconte qu'il y avait longtemps, au temps des premiers propriétaires, un incendie se produisit dans la salle de bal et détruisit cette partie du manoir, tuant tous les hôtes et tous les invités présents à la fête.On entendit dire que ce serait une vengeance d'une riche famille anciennement dominante dans la région, mais elle ne fut jamais jugée pour leurs crimes.Cependant cette illustre famille fut obligée de fuir, car les premiers propriétaires s'étaient jurés de se venger et avait invoqué un démons pour torturer à jamais les criminels... Monsieur a toujours adoré les légendes macabres et prétend que c'est une belle illustration de l'expression " Manger ou être manger", même si dans ce cas précis ce serait plutôt "Brûler ou être brûler". Bien sûr cette histoire de démons ne tient pas debout, mais certains d'en nous en ont quand même peur, c'est pour cela qu'on évite d'en converser..."


    Il se tut tout en regardant par la fenêtre d'un air rêveur. Si seulement cela n'avait été qu'un ami de Satan qui s'était occupé de leur vengeance ! Au moins ils auraient pu s'en aller de cette morbide bâtisse. Qu'il aurait aimé allait au Paradis, vivre entouré des nobles chevaux, entourée de son plus jeune frère qu'il l'aurait rejoint un peu plus tard certes, mais surement. Il se rappelait du jour de sa mort, il avait filé en douce le jour pour pouvoir assister à son oraison funèbre. Il avait tant pleuré ce jeune homme, lui qui n'avait pas pu sauver son aîné lors de ce funeste soir. Il en avait été malade, au point que un plus tard sa tombe trônait à côté de celle du majordome. C'est à partir de là que tout avait basculé car il réalisa pour la première fois qu'il verrait tout ceux qu'il aimait partir, le laissant sur le banc de touche. Il ressentait ce que son père avait du ressentir lorsqu'il eu perdu ses deux fils sauf que William devait le vivre plus d'une centaine de fois puisque que son frère venait d'avoir un fils qui en aurait d'autres et ainsi de suite. Même si cette pensée lui donnait un peu le cafard, il trouvait cela normal de penser un peu aux morts, malgré qu'il ne pouvait pas le savoir d'où ils étaient....

    Devant cette chambre, un long silence resta et le climat devint soudain plus lourd. Un mélange d'angoisse Qu'attendait-elle au juste en restant silencieuse comme était Sarah? Voulait-elle que le majordome parte avant qu'elle n'entre dans sa nouvelle chambre ou autres choses? Divers possibilités s'ouvraient à lui, mais aucune ne semblaient le convaincre totalement. Mais il était sûr d'une chose, qu'il fallait briser cet épouvantable silence coûte que coûte. Il chercha autour de lui n'importe quoi qui lui permettrai de commencer une nouvelle conversation. C'est alors qu'il vit la jolie serrure décorée de diverses gravure d'époque. Mais oui, c'était surement cela qu'elle attendait ! Il fouilla dans ses poches et sortit au bout d'un moment une petite clé argentée comportant un dessin d'un hibou cuivré. Avec un mince sourire quelque peu gêné, il déclara:


    " Bien que la porte soit ouverte, ceci pourrait vous être utile. Cette clé vous permettra d'ouvrir et de fermer votre armoire et votre porte. Cependant les personnels de chambre possédant une clé "maître" peuvent les ouvrir donc si vous ne désirez pas que l'on entre dans votre chambre il suffit simplement d'informer un des majordomes présent en ce lieu..."


    Bien sûr cette histoire de clés "maître" n'était pas tout à fait vrai. même si elle existait vraiment, personne de les utilisait et tout le monde préférait traversé les murs, mais il ne pouvait pas se permettre de le dire, évidemment. C'est alors qu'il s'approcha doucement de la britannique et prit délicatement sa main. Avec la même lenteur il déposa le brillant objet dans le creux de sa paume et referma les fins doigts de la demoiselle avant de la regarder droit dans les yeux. Un sentiment de tristesse l'envahit, repensant à la misérable destiné de Sarah. Condamné à ne jamais plus pouvoir partir, un oiseau en cage... Ce n'était pas si loin de sa propre existence, sauf qu'il y aurait une fin à son supplice. Il recula doucement, attendant qu'on le congédie. Mais une question l'effleura un instant: quand aurait-il l'occasion de la revoir? Mais il chassa cette interrogation de son esprit. Du temps, il en avait à n'en plus finir...



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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Ven 26 Nov - 19:09


Lorsque Sarah demanda des détails sur l'accident qui avait eu lieu au manoir, William se lança dans un long récit qui surprit beaucoup la jeune femme : c'était la première fois qu'il parlait aussi longtemps et il narrait l'histoire d'un ton très sérieux.

Ainsi le majordome lui raconta qu'un incendie s'était déclaré dans la salle de bal bien des années plus tôt, et avait ôté la vie à de nombreux membres d'une riche famille. Suite à ça avait eu lieu une histoire de vengeances macabres, que Sarah écouta avec sérieux bien qu'elle ne pu s'empêcher de lever les sourcils de temps à autres.

- Monsieur a toujours adoré les légendes macabres et prétend que c'est une belle illustration de l'expression " Manger ou être manger", même si dans ce cas précis ce serait plutôt "Brûler ou être brûler". Bien sûr cette histoire de démons ne tient pas debout, mais certains d'entre nous en ont quand même peur, c'est pour cela qu'on évite d'en converser...

La jeune femme écouta les derniers commentaires de William et esquissa un sourire. Cette histoire faisait froid dans le dos, mais comme beaucoup de légende, le fond était sûrement réel mais le reste de l'histoire, pure invention destinée à pousser les gens à la réflexion. Comme l'avait si bien dit le majordome, les histoires de démons ne tenaient pas debout. Sarah, quant à elle, n'était pas du tout ouverte à ce genre de chose. Elle concevait bien que d'autres personnes puissent y croire, c'était leur choix, mais personnellement elle n'adhérait pas à cela et n'y laissait aucune place dans sa vie. Elle avait la tête sur les épaules et ne voulait pas se laisser parasiter par je ne sais quelle superstition.

Le « Monsieur » en question, qui ne pouvait-être que le maître de ce manoir, semblait être une étrange personne. Et lorsque William affirma que certains membres de la demeure avaient peur de cette histoire à dormir debout, Sarah se demanda vraiment comment on pouvait laisser des comtes destinés à faire peur aux enfants, diriger sa vie. D'un autre côté, l'ambiance lugubre du manoir n'aidait pas à prendre du recul sur le sujet.

Au final, Sarah émit un petit rire amusé avant de prendre la parole d'un air entendu, puisque William avait laissait entendre que lui ne croyait pas à ce récit abracadabrant :

- Effectivement, c'est assez déconcertant si on croit à ce genre de chose.

Puis William sortit une clé argentée de sa poche. Il eut un sourire gêné tout en s'adressant à Sarah. La jeune femme, quant à elle, contempla le sourire du majordome en penchant légèrement la tête sur le côté, sans même s'en rendre compte. Bien sur elle ne connaissait pas William, mais le voir sourire ravissait la Londonienne.

Le majordome lui annonça que cette clé était destinée à ouvrir ou fermer la porte de sa chambre attitrée et de son armoire personnelle. Il lui indiqua également que si elle ne désirait pas que le personnel de chambre pénètre dans la sienne, elle devait en informer un des majordomes. Cette dernière remarque la fit sourire à nouveau.

- Vous êtes quand même ici chez vous. Et puis je ne sais pas comment vous vous organisez pour laver les draps par exemple, j'aurais certainement besoin du personnel, c'est à peine si je sais faire tourner une machine !

Bien entendu William ne devait pas savoir de quoi Sarah pouvait bien parler. Loin de s'en douter, la jeune femme laissa échapper un petit rire, gênée par son ignorance malencontreuse. Ne pas se servir d'une machine à laver à son âge ? Alors qu'elle voulait son indépendance ? C'était assez ridicule... Mais elle avait tellement prit l'habitude que ce fut sa mère qui s'occupa de ça.
Puis, contre tout attente, William s'approcha doucement d'elle et Sarah ne put rien faire d'autre que de retenir sa respiration. Pendant l'espace d'un bref instant, elle se demanda s'il n'allait pas l'embrasser, et le pire était qu'en fin de compte... Elle n'avait même pas su qu'elle aurait été sa réaction s'il l'avait fait. Tout paraissait si irréel ici qu'un baiser ne l'aurait pas perturbé plus que ça. De plus, le majordome avait une forte tendance à la déstabiliser. Elle avait l'impression que son séjour au manoir était une parenthèse dans sa vie. Si elle avait su combien elle se trompait...

Finalement William se contenta de prendre la main de la jeune femme pour y placer la clef. Sarah, qui était naturellement tactile ne fut pas gênée par ce contact et elle lui adressa un sourire de remerciement, balayant par la même occasion ses fantasmes ridicules. Puis le majordome recula tandis que Sarah se baissait pour agripper sa valise.

- Merci... Je suppose que c'est maintenant qu'on se sépare... Je pense m'installer et faire un petit tour dans le manoir, c'est possible ? Puis j'irais certainement voir Monsieur Northwoords.

Elle marqua une pose, se demandant ce que William ferait une fois qu'il la quitterait. Peut-être attendrait-il d'autres invités qui eux, contrairement à elle, débarqueraient à l'heure convenue.

- On aura l'occasion de se revoir. Et puis j'ai beaucoup de chose à t... à vous raconter sur Londres.
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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Lun 29 Nov - 21:52

    La jeune londonienne avait écouté son récit avec attention, ponctuée cependant de quelques moments de surprise. Elle semblait avoir du mal à adhérer aux superstitions, ce qui était assez bon signe. Elle découvrirait plus tard le secret des hôtes ce qui n'était pas plus mal au fond. Les prédécesseurs qui avaient découvert la vérité avaient tous réagis de manières différentes, allant d'une simple exclamation au saut mortel par la fenêtre. Cette dernière pensée fit ressurgir en lui un sentiment désagréable qui lui pesa sur son dos. C'était lui qui avait dû apprendre la tragédie à ses maîtres. A l'époque il croyait encore que sa malédiction n'était pas si terrible, c'était d'ailleurs pour cela qu'il se sentait un peu coupable de cette mort. Il avait fallu un seul regard froid de Ronald pour que tout ses belles illusions s'envolent en éclats....
    Heureusement, le rire de la demoiselle résonna, l'empêchant de s'engouffrer davantage dans sa douloureuse mémoire. Son visage se détendit, laissant transparaitre une infime once de bonne humeur. Oui, il préférait nettement cette tête là que le regard épouvantée qu'elle avait eu il y avait à peine une quinzaine de minutes. Il était peut-être surprenant que l'on s'inquiète autant pour le bien-être d'une étrangère, mais c'était une condition indispensable lorsque vous dédiez votre vie -ou votre mort- aux autres. Mais ce n'était pas que le devoir qui faisait ressentir à ce froid employé tant d'intérêt pour l'arrivante. En réalité il était reconnaissant de l'avoir aidé à pointer son malheur, même si elle n'en avait pas consciente. Bien sûr, ce n'était pas la première personne qui avait capté ce désespoir qui le dévorait depuis si longtemps, mais c'était devant l'anglaise que lui avait comprit ce qui le torturait. Il n'était pas devenu sociable pour autant et la route était longue avant qu'il ne redevienne le garçon joyeux et volontaire qu'il avait été. Mais maintenant il savait quel route suivre, ignorant tout des obstacles qu'il allaient rencontrer...

    Après qu'il eut retrouvé la clé de la chambre et eut fait toutes les explications adéquates, la jeune séquestrée prononça une expression tellement incohérente qu'il eut tout le mal à ne pas paraitre perplexe. Que pouvait bien signifiait "faire tourner une machine"? Une image plus ou moins floue de machinerie apparut, ne semblant pas vraiment le convaincre. Il ne voyait pas le rapport entre ces montres qui résidaient dans les usines et le fait de laver le linge. Peut-être était-ce une sorte de machine humanoïde qui pouvait frotter plus rapidement que n'importe quel être vivant sans jamais s'arrêter. Si c'était le cas alors les hommes du XXIème étaient vraiment supérieur au niveau technologique. S'il savait à quel point il était loin de la vérité... Il murmura donc un " Je suppose", espérant que cela masquerait bien son ignorance. Un signe de faiblesse pourrait être fatale pour leur secret et le meilleur moyen de le cacher était de ne pas parraître trop louche, devinant bien que leurs vêtements ne devaient pas aider à la tâche. Peut-être devrait-il en discuter avec le chef de la demeure, mais le connaissant il niera tous ses arguments, aussi têtue et sourd qu'il était...

    Mais ce qui le dérouta vraiment était c'est ce qui se passa ensuite, lorsqu'il lui donna la clé. Il avait crû, ne serait qu'un infime instant, une once d'un espoir flou au plus profond des prunelles de la demoiselle. Il se demandait bien quelle sorte d'envie pouvait-elle avoir en ce moment même, en plein milieu d'un manoir hanté. Peut-être avait perçu le secret, peut-être le contact physique l'avait mise sur la piste. Cela était pourtant impossible, il le savait trop bien, mais la paranoïa d'être découvert était encore plus présente lorsqu'il touchait les vivants, comme si sa tangibilité allait tout d'un coup cesser. Cela ne lui était jamais arrivé, mais un cas s'était présenté un fois, quelque temps après leurs morts. Depuis il avait toujours cette appréhension qui subsistait malgré son expérience. Cette peur.... Pourquoi existait-elle encore ? Fatalement, cela devrait arriver un jour ou l'autre, mais il espérait que cela se produirait le plus tard possible. Il était quasiment certain qu'à partir de ce moment Sarah ne le verrait plus du même œil.En reculant et voyant toujours son sourire, le majordome se sentit un peu soulagé. Au moins ce n'était pas ce qu'il avait redouté mais il se demandait tout de même ce qu'elle avait pensé pendant cette seconde là....

    Il regarda avec intérêt la jeune dame prendre le bagage. Les adieux étaient proches, il le sentait, pourtant il ne fut pas triste. Il pourrait la revoir, après tout elle devait lui parler de la Grande Capitale, comme si c'était une promesse ancienne. Et puis il avait encore tant à faire en cette soirée: il devait coordonner tout ses hommes pour le dîner et aussi forcer ce bon à rien de cocher à faire disparaitre le véhicules. Cette arrivé n'était qu'un battement d'ailes dans sa triste existence, il n'avait rien d'autre à en tirer.
    Il attendit donc qu'elle pose sa dernière question, hochant la tête en signe d'approbation. Cette demeure allait être son dernier lieu de résidence, alors l'idée n'était pas mauvaise. Ne s'attendant à rien de plus, il tourna les talons pour vaquer aux tâches que sa profession obligeait. Mais Sarah continua de parler, ce qui l'arrêta sur le champ. Avait-il vraiment bien entendu ? Il la dévisagea d'un regard perçant, essayant de s'assurer qu'il n'avait pas rêvé. Elle avait hésité sur le vouvoiement. Il avait l'impression qu'elle se moquait de lui. Faudrait peut-être qu'elle se décide! Il continua de la fixer pendant encore quelques secondes puis ouvrant doucement la bouche pour déclarer d'un ton un peu froid et agacé :


    " Bien sûr que nous nous reverrons, il y a un nombre limité de personnels il est donc possible que je participe au ménage quelques fois. De plus, je ne veux pas ignorer plus longtemps l'architecture et la vie de Londres, il est donc capital que je vous revois... Mais peut-être devrais-je dire "tu" puisque tu te forces à me vouvoyer. Il est très irritable de rencontrer des personnes qui ne savent pas vraiment ce qu'il veulent, c'est le type qui donne du fil à retordre à notre métier..."

    Ses paroles étaient imprégnées d'une certaine colère, reste de ses traits de jeunesse. Mais William n'était pas vraiment fâché, il n'aimait simplement pas les hésitations, encore moins lorsque c'était son interlocuteur qui les prononçait. Il s'emportait toujours un peu dans ces cas-là, comme si des miettes d'injustice le piquait timidement. Cette fille avait le don de faire ressortir ces facettes que plus personne n'osait faire bouger, par peur de débordement. Il passa sa main dans ses cheveux et baissa la tête, pensant à haute voix:

    " Ma foi c'est peut-être de ma faute, mais la prochaine je ressemblerait plus à un homme qu'à une vulgaire poupée..."

    Il ne se rendit pas compte que des sons sortis de sa gorge, croyant simplement qu'il débattait avec lui même. C'était l'un des désavantages de l'immortalité, on ne se rendait plus vraiment compte de ce qu'on faisait tellement les actions pouvait paraitre futile. C'est pour cela qu'il partit sans dire plus, songeant à ce qu'il avait vécut pendant ce début de soirée. Bien sûr il s'arrêterait si on lui demander autre chose, mais là il ne répondrait que par des phrases glaciales. Après des adieux il y avait toujours des enchantées, il le savait trop bien. Une part de son âme lui chuchota quelques mots, l'incitant à ne pas s'approcher d'avantage de la britannique. Elle allait vieillir et mourir avant lui, alors avait-il vraiment une raison de la connaître mieux? il y en avait une, une minuscule raison, mais il ne voulait pas l'avouer. C'était pour toujours garder espoir, car même pour un seigneur des glaces on avait besoin d'un peu de chaleur pour que les molécules puissent encore s'agiter...


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MessageSujet: Re: Point de non retour [ Terminé ]   Mer 1 Déc - 17:11


Lorsque Sarah annonça qu'elle ne savait même pas faire tourner une machine à laver à son âge, elle ne perçue pas la réponse de William qui s'était composée d'un murmure. Pensant qu'il n'avait donc pas prit la peine de répondre, elle se demanda s'il ne l'avait pas trouvé nulle sur ce point... et en fut étonnée. En effet, d'habitude elle ne prêtait pas attention à ce que les gens pensaient de son intellectuel. Physiquement, certes, elle prenait toujours soin d'elle afin de dégager une bonne image, mais intellectuellement, elle savait qu'elle n'avait rien à envier à quiconque et ne s'était donc jamais inquiétée de ce qu'on pouvait en penser, se suffisant à elle-même. Inconsciemment elle se mordilla la lèvre inférieure, soucieuse de ce changement et surtout de ce que pouvait bien penser le majordome. Il faut croire qu'elle se découvrait de nouveau trait de personnalité à son contact. Bonne ou mauvaise chose ?

Puis lorsque la jeune femme se baissa pour prendre sa valise en main, elle sentit le regard de William sur elle et elle ne put empêcher ses joues de s'empourprer. Était-ce par gêne ou par plaisir, elle n'aurait su le dire. En tout cas, le majordome avait une drôle d'influence sur elle, elle en était consciente.

Après lui avoir fait part de ses intentions de prendre possession de sa chambre puis de chercher à rencontrer son hôte Monsieur Northwoods, Sarah sentit qu'il était temps de se séparer, c'est pourquoi elle annonça de façon prévenante qu'ils auraient l'occasion de se revoir, d'autant plus qu'elle devait lui parler de Londres, comme promis. Contre tout attente, William sembla alors très mal prendre ce qu'elle venait de dire et il fallut un petit moment à la jeune femme pour comprendre de quoi il en retournait.

- Bien sûr que nous nous reverrons, il y a un nombre limité de personnels il est donc possible que je participe au ménage quelques fois. De plus, je ne veux pas ignorer plus longtemps l'architecture et la vie de Londres, il est donc capital que je vous revois... Mais peut-être devrais-je dire "tu" puisque tu te forces à me vouvoyer. Il est très irritable de rencontrer des personnes qui ne savent pas vraiment ce qu'il veulent, c'est le type qui donne du fil à retordre à notre métier...

Le ton du majordome semblait particulièrement agacé, et Sarah ne put s'empêcher de resserrer un peu plus l'étreinte qu'elle avait sur la hanse de sa valise. Les sautes d'humeur de William commençaient à lui donner le tournis et la Londonienne perdait peu à peu patience. Si elle se révélait être une jeune femme douce et compréhensive, elle pouvait elle aussi montrer qu'elle avait du caractère, et du caractère, elle n'en manquait pas quand l'envie lui prenait. La réaction du majordome lui semblait particulièrement injuste.
Elle se retint de justesse de lui renvoyer la balle, mais bien sur, elle n'en pensait pas moins. La façon et le ton sur lequel il lui annonça qu'il ne voulait pas plus longtemps ignorer l'architecture et la vie de Londres lui fit clairement comprendre qu'il s'agissait là juste d'un plus pour sa culture générale et que s'il s'agissait de Sarah ou de quelqu'un d'autre, ça ne faisait aucune différence. La jeune femme en fut particulièrement vexée. De plus, il avait l'air de dire que Sarah était incapable de savoir ce qu'elle voulait et qu'il n'appréciait pas cela du tout, tout ça pour une histoire de vouvoiement. La jolie rousse entrouvrit la bouche, outrée. Qu'est-ce qu'il lui prenait à la fin ? Si elle s'était corrigée c'était seulement afin de le satisfaire, lui qui ne semblait pas avoir l'habitude d'être tutoyé, elle voulait seulement lui témoigner un peu de respect !

En temps normal, Sarah ne se serrait certainement pas arrêtée sur ce genre de chose. Avec William, c'était différent. Elle était sur le point de s'énerver pour de bon et de lui lancer une réplique cinglante lorsqu'elle le vit passer une main dans ses cheveux décoiffés et baisser la tête. Bon sang, il recommençait !

- Ma foi c'est peut-être de ma faute, mais la prochaine fois je ressemblerai plus à un homme qu'à une vulgaire poupée...

La britannique sembla se tasser tout à coup. La boule qu'elle avait dans la gorge sous l'effet de l'énervement et qu'elle retenait de toute ses forces se volatilisa soudain. Son visage fermé sembla tressaillir face à William. Bien qu'elle n'avait pas réellement compris le sens de ses mots, le majordome avait l'air de s'être soudain calmé, laissant à nouveau place à une sorte de mélancolie. Et Sarah comprit alors qu'il était incapable de contrôler ses émotions... Elle aurait de nouveau voulu faire un geste vers lui, se sentant soudain très protectrice à son sujet. Elle aurait voulu qu'il lui parle, il semblait garder tellement de choses pour lui... Dans ces cas là, comment ne pas faiblir sous le poids de ses maux ? Au lieu de cela, elle se contenta de le laisser tourner les talons.

Sarah le suivit du regard jusqu'à ce qu'il tourne à un angle du couloir puis s'engouffra dans sa chambre.
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